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Les dessous d’une médiation

7 septembre 2012


Dernièrement, la presse officielle a rendu publique la présence du gouvernement de l’île dans la médiation du processus de dialogue entre la narco-guérilla colombienne, connue comme les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) et le gouvernement de ce pays dirigé par Santos. Il serait grandement désirable qu’un processus de dialogue rétablisse la paix en Colombie après des décennies de guérillas, de violence et de narcotrafic organisé d’une armée combattante qui transita du marxisme vers le contrôle d’un cartel de cocaïne. Je suppose qu’un jour il faudra écrire un nouveau chapitre sur les curieuses mutations du marxisme dans la post-modernité.

De toute façon, il n’est pas courant que le gouvernement cubain, incapable de dialoguer avec la société civile cubaine, ait passé tout une année à faire des réunions secrètes en tant qu’intermédiaire des FARC, une force armée qu’elle a armée, entraînée et appuyée tout au long de ces années depuis l’époque dans laquelle Fidel Castro se sentait garant de la liberté latino-américaine et prétendait exporter sa révolution communiste à toute la région. Le taux de responsabilité du gouvernement cubain dans les années de violence en Colombie le déclare détenteur de la paix de cette nation. Ce qui est le plus sûr c’est que cette médiation n’est pas spontanée, sécurisée, ce n’est pas la garantie qui fera que Cuba ne sera plus le sponsor officiel de la guérilla, mais il est aussi sûr que la coupole cubaine ait réorienté ses intérêts dans ce sujet… comme dans tous. Sans doutes, il existe un agenda officiel secret.

C’est certain que l’affaiblissement des FARC, grâce aux actions initiées et fomentées pendant la gouvernance d’Alvaro Uribe avec l’appui du gouvernement des États-Unis, a forcé l’organisation a engager des conversations avec le gouvernement de Juan Manuel Santos, même s’ils ont maintenu les actions coups de poing contre la narco-guérrilla et qu’on continue encore à leur assener des coups, derrière le discours clair du Président qui affirme "qu’il n’y aura aucun cessez-le-feu et nous n’obtiendrons rien tant qu’il n’y aura pas d’accord final. Que ce soit bien clair"… Ainsi, bien que les médias cubains présentent une vidéo où le commandant émissaire des FARC attaque en disant "nous disions que nous allons gagner et nous gagnerons", la réalité est qu’ils sont en train d’être battus par l’armée colombienne régulière et la police de cette nation. Devant de tels faits, l’ultime bastion de l’expansion guerrière castriste de cet hémisphère disparaîtra probablement à court ou moyen terme et avec lui, les hallucinations messianiques de Fidel Castro seront données pour mortes.

En peu de temps auront disparus les derniers restes de la révolution communiste continentale qui faisait rêver et la Colombie aura surmonté les dégâts d’une telle violence. Ce ne sera pas le cas à Cuba, où les Cubains qui aspirent à des changements démocratiques ne comptent pas sur la volonté politique pour négocier et s’accorder sur la sortie de la crise nationale. Par ailleurs, il est clair que la coupole vert-olive n’est pas intéressée à discuter avec des pacifistes, mais plutôt avec des narcotraficants. Typique de chez moi.

Traduit par : Aïda

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Débarquement du choléra ?

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Photo prise sur Cubadebate

À quelques jours de l’annonce de la célébration de cette fête affligeante, le 26 juillet*, dans la province de Guantánamo, les rumeurs sont de plus en plus fortes à propos de plusieurs cas de choléra dans le région ouest de Cuba et on dit même qu’il y aurait eu des morts suite à cette maladie. La situation a été rapportée par le journalisme indépendant, la presse officielle a maintenu son silence habituel sur des sujets qui pourraient abîmer l’image du système et affecter l’affluence des touristes étrangers vers l’île. Elle n’a ni confirmé ni nié officiellement la présence de la maladie sur le territoire cubain ou son incidence et son expansion potentielle, sauf une information succincte de mardi passé dans les médias. Le manque d’information et la désinformation, même si elles semblent pareilles, ne le sont pas, elles constituent aussi une sorte d’épidémie permanente parmi nous.

Aujourd’hui, par doutes, j’ai allumé la télévision pour écouter le journal télévisé du matin, mais dans les reportages filmés à l’Ouest du pays, ils ne parlent que d’activités de rue pour distraire les enfants pendant la période des vacances, c’est-à-dire que, les images montraient comme information des enfants jouant dans les parcs, ce qu’ils font habituellement dans ces quartiers là, mais cette fois devant les caméras; activités qui ne sont organisées par aucune institution : construire des carrioles rustiques, courir et jouer. Nous avons aussi été informés des récompenses que reçoivent des "cadres" de la direction du Parti Communiste et d’autres fonctionnaires du gouvernement de la région, maintenant promus entrepreneurs, et d’une entreprise qui a reçu une reconnaissance spéciale pour avoir correctement atteint les indicateurs économiques : plus de diplômes, de bisous et de sourires. Rien sur le choléra.

Pendant ce temps, la préoccupation des gens au courant de la rumeur continue a grandir et les signes mettent en évidence qu’il y a anguille sous roche. Une voisine m’a raconté que le service de transport par bus de la région ouest avait été réduit et qu’on lui a dit que son billet pour voyager jusqu’à Santiago de Cuba, fin juillet, pourrait être annulé, même s’ils ne lui ont pas donné d’explications particulières sur les raisons d’une telle annulation. Une amie médecin, qui connaît mon aversion pour l’eau bouillante, m’a téléphoné pour me recommander, avec insistance, que "pour rien au monde" je n’utilise l’eau du robinet directement, comme j’ai l’habitude de faire, alors qu’à la télévision ils ont commencé à multiplier ces derniers jours des spots sur la nécessité de se laver les mains fréquemment : "Frottez-vous bien les paumes avec de l’eau et du savon, frottez-vous bien entre les doigts et sous les ongles…", comme si notre vie en dépendait. C’est le cas ?

Et comme ça arrive souvent chez nous, que la rumeur croît en proportion exponentielle selon le moins d’information officielle qu’il y a sur le sujet, il y en a qui disent que le choléra est déjà arrivé à La Havane, qu’il a rejoint notre fameuse et endémique dengue, ce qui est alors alarmant dans une ville particulièrement sale, avec des milliers de fuites dans ses vieux systèmes d’aqueducs et égouts, pleine de vide-ordres et de quartiers insalubres et dans laquelle vivent plus de deux millions d’âmes, en plein milieu dans un des étés les plus pluvieux de ces 10 dernières années.

Il ne serait pas étrange, toutefois, que cette nouvelle infondée soit propagée par un de ces "ennemis du peuple cubain", qui serait au service d’intérêts étrangers, supposition qui se verait confirmé au cours des prochaines semaines si les choses ne sont plus contrôlées. En fin de compte, ce sont les milliers de médecins cubains qui ont transité par Haïti pour aider la campagne contre l’épidémie du choléra et qui sont revenus à Cuba, se réintégrant à la vie familiale et sociale sans même passer par un isolement en quarantaine. Face à de telles circonstances, on pourrait se dire que le choléra a tardé à rentrer sur l’île. Pour le moment, beaucoup d’entre nous commençons à renforcer les précautions d’hygiène, alors que d’autres s’en moquent, incrédules et négligents : les choses qui ne sont pas annoncées n’arrivent pas dans la réalité, enfin… pas jusqu’à que ce soit l’un d’entre nous qui tombe raide mort.

Au moment de finir la rédaction de ce post, j’ai appris qu’on compte au moins 6 morts de la dengue à La Havane et plusieurs cas de choléra.

*26 juillet : fête nationale, anniversaire du 26 juillet 1953, référence à l’attaque de la caserne de la Moncada par Fidel Castro et ses guérilleros. Cette attaque, qui se solda pourtant par un échec cuisant, est considérée comme le point de départ de la révolution cubaine. (source : Euronews)

Traduit par : Aïda

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Le restaurant étatique Castillo de Jagua, se trouve dans le centre ville, à l’intersection de la 23ème et G, cependant, il reste vide.

J’ai appris, de source sûre, que le gouvernement "est en train d’étudier" la manière avec laquelle il permettra que les restaurants et autres établissements gastronomiques étatiques deviennent des mini-coopératives, aux mains de leurs propres travailleurs, afin de les rendre productifs et réussir à ce qu’ils épuisent les aliments qui -conséquence de la mauvaise qualité de la nourriture, des conditions très mauvaises des locaux et pour d’autres raisons- s’accumulent dans les placards de ces boutiques. Tout un défilé d’inspecteurs de l’hygiène dépêchés dans la capitale, dans le secteur alimentaire, spécifiquement dans les locaux appartenant à l’Entreprise Provinciale des Restaurants de Luxe -quel petit nom sympa pour parler des lamentables taudis gastronomiques qui autrefois étaient la fierté des Havanais!-, qui ont révélés que la valeur des produits, sans renouvellement par manque de clients, est de plusieurs millions de pesos, sans compter les nombreuses violations et cas de corruption détectés qui sont émanent au système. Ainsi, "est en train d’être analysée" par les autorités (compétentes ?) la possibilité d’établir le système de location de ces locaux à des coopératives gastronomiques pour l’année prochaine, 2013.

 Dans un secret de polichinelle qui, alors que les restaurants et cafétérias étatiques restent complètement orphelins de clients, un grand nombre de personnes de ces "paladares", privées, profitent de la préférence des Cubains et des étrangers. Quelques une de ces "paladares" vendent du cola, de l’ouverture jusqu’à la fermeture, ce qui montre bien la supériorité au niveau de la qualité, conditions de travail, confort des clients, etc… du travail privé sur le travail étatique.

 La coopérativisation (pardon aux lecteurs pour l’usage d’un mot aussi laid) n’est pas une bonne nouvelle. Dans tous les cas, cela fait longtemps que la prestation de services dans sa totalité aurait dû avoir joui d’une autonomie. De fait, ce retour vers, ce qu’officiellement et euphémiquement ils ont appelé "autres formes de travail et emploi", c’est la reconnaissance tacite de l’échec de la nationalisation et la nécessité de privatiser comme l’unique manière de rendre rentables et productifs ces commerces et autres secteurs de l’économie interne. La mauvaise nouvelle est qu’assurément le processus sera rempli d’obstacles et de contrôles excessifs qui ralentiront les résultats, et que les employés de la restauration étatique doivent attendre patiemment : un gouvernement aussi ancien qui avance à pas lents et qui est empoté pour l’apprentissage.

 Alors bon, l’autonomie de ces établissements étatiques de la restauration autonome ajoute une importante composante à la concurrence qui existe déjà entre les établissements privés, et un accroissement potentiel de la demande de produits alimentaires que le gouvernement est incapable de satisfaire. Il faut s’attendre à ce que cette nouvelle mesure (réforme ?) soit accompagnée d’une liberté économique majeure pour que les produits alimentaires, c’est-à-dire, le secteur privé paysan, se rende compte de l’incompétence des productions agricoles de l’État. Arrivé au dessert, le gouvernement se verra forcé de libérer les producteurs de quelques obstacles et de rendre plus flexible le système de commercialisation des produits alimentaires. La concurrence, résultat naturel du marché, mettra en évidence l’incompétence du système socialiste que le Général réformiste veut actuellement "rénover". Rien de mieux que de paraître être l’unique manière "d’actualisation" du socialisme pour retourner aux formes de production et de marché du capitalisme… Comme on dit populairement : autant et autant nager pour finir par mourir sur la côte!

Traduit par : Aïda

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Transparence de presse au style Castro

Publié le 23 Mars 2012

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 Photographie prise sur internet

Quand, durant la Première Conférence du PCC (Parti Communiste Cubain) réalisée en janvier dernier, le Général a déclaré que la presse révolutionnaire devait être transparente, certains y ont cru. Même quelques professionnels de la presse officielle (qui est certainement une spécialité très particulière) ont baissé leurs petites têtes peinées et leurs yeux se remplissaient de larmes quand le Deuxième Vieillard de l’ordre dynastique, avec un petit doigt levé en guise d’avertissement pour montrer sa contrariété, leur a dédié à cette occasion une petite réprimande sévère. Il fallait bannir de la presse révolutionnaire les secrets. Évidemment, les salariés de la désinformation ne réussissaient pas à offrir dans les journaux l’image nécessaire qui ferait paraître que le Général était en train de rénover les choses.

À partir de là, les journalistes ont commencé à développer un style crypto-critique, qui consiste à critiquer quelques détails pénibles de la réalité cubaine, mais d’une manière si énigmatique que les fautes et les responsabilités des malheurs retombent sur des bureaucrates et des fonctionnaires corrompus et quasi-anonymes, jamais sur le système, la "révolution" ni plus, ni beaucoup trop moins!, contre les figures des vieillards dits "historiques". Par les doutes, et pour ne pas créer une opinion chaotique qui bénéficierait au travail de pelle des ennemis, ce style dose soigneusement les dites critiques avec les louanges aux progressions sociales et économiques extraordinaires, comme par exemple, la fabrication artisanale de blocs pour la construction dans la municipalité de la Sierpe ou la production de patates douces à Sagua de Tánamo. Voilà ce qui est vraiment important et c’est à ça que le Général et ses coryphées de l’encre appellent "journalisme transparent".

Mais d’autres voix ont décidé de faire du journalisme et d’informer d’une manière transparente, de sorte qu’il est difficile à la presse officielle de maintenir le ton. Le journalisme citadin est là où ne sont pas les reporters du Granma et d’autres moyens de diffusion du gouvernement. Ainsi, nous avons connu tant de succès qui ne sont pas officiellement publiés dans l’île, mais qui arrivent, comme par exemple, la grève de la faim du médecin Jeovanis Jiménez à Gyuanajay, pour demander à être réintégré à son poste et qui fit durer sa grève pendant 18 jours; ou le récent incident qui arriva à Vento et 100, dans la capitale (photo), où on disait qu’une voiture de l’ambassade vénézuelienne a été attaquée et impactée (par balles, disent les uns par pierres, disent les autres), mais ce qui est sûr c’est que l’événement est arrivé et que de nombreuses rumeurs contradictoires circulent à propos de ça sans que la presse officielle ne daigne offrir sa propre version.

Comme si tant de troubles n’était pas suffisant, la manœuvre officielle a été "d’informer" les piliers du PCC des centres de travail que deux antisociaux ont agressé à coups de pierre une automobile de l’ambassade "de la sœur République Bolivarienne du Vénézuela", ce qui a crée une plus grande confusion puisque les plus ingénus se demandent pour quelles raisons quelqu’un aurait voulu nuire aux représentants des bienfaiteurs. Par ailleurs, ce processus implique que les militants du parti unique, à peine une fraction minoritaire de la population cubaine, non seulement ont droit à un type d’information qui n’arrive pas jusqu’au reste des Cubains, mais aussi, à la responsabilité "de déjouer les interprétations tendancieuses de l’ennemi qui essaie de mentir au peuple". Cependant, quelques militants pensent qu’il serait beaucoup plus facile que la presse officielle, elle-même, éclaircisse tout les doutes et élimine ces risques.

Mais je suis une journaliste citadine de bonne foi. Peut-être que ces jours-ci sortira une explication dans la presse à propos des affiches subversives que sont apparues hier, 22 mars 2012, dans la rue 33 de la municipalité Playa, région de La Havane. Et j’espère aussi savoir ce qu’il y avait d’autre là-bas, en plus des affiches, qui justifie la quantité exorbitante de policiers et d’autres membres du MININT (Ministère de l’Intérieur) qui pullulaient dans le périmètre de la zone. Pour le moment, la chose unique qui transparaît dans la presse du Général c’est le manque total de transparence.

Traduit par Nelson DC

Corrigé par : Aïda

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Photographie de Orlando Luis

L’une des attaques les plus courantes des sphères officielles contre les blogueurs alternatifs concerne notre soi-disant inclination malintentionnée à taire les « succès » de la révolution. Quand il s’agit du thème de la santé, les reproches montent d’un cran. L’altruisme de ce qu’ils appellent la solidarité – en se référant au personnel de santé envoyés dans d’autres pays – est devenu depuis plusieurs années la vitrine survivante du marketing du socialisme tropical et se voit tresser des lauriers par bon nombre d’organisations internationales qui soulignent le professionnalisme et l’esprit de sacrifice de nos médecins, ainsi que la volonté politique des dirigeants de la révolution de soutenir les programmes de santé dans les pays moins développés. En vertu de ce principe, Cuba, fait partie des pays « privilégiés » du point de vue de son système de santé publique  puisque le pays se paye le luxe d’exporter des médecins et des équipements. Bien sûr, on ne mentionne jamais dans ces louanges que tant d’altruisme est préjudiciable à la population cubaine elle-même, qui voit une détérioration rapide de tous les services de santé.

Il faut noter que la presse officielle se charge quotidiennement de refléter les efforts de notre gouvernement pour maintenir « le niveau élevé » des soins médicaux, le caractère « gratuit » de ces services et les nombreux sacrifices nécessaires pour que les gens ne perdent pas de tels privilèges. Habituellement, les louanges officielles sont accompagnées de chiffres. Ainsi, un patient qui dépend d’une dialyse ou a subi une intervention chirurgicale complexe de transplantation d’organes doit en plus subir la pédanterie du gouvernement qui lui rappelle sa dette éternelle envers la révolution du fait du coût élevé de ses soins et de son traitement comme s’il n’était pas déjà suffisant de souffrir d’une maladie et de l’incapacité d’accéder à d’autres services que ceux fournis par les hôpitaux vétustes du pays.

En bref, les blogueurs sont vraiment impertinents, et passent leur temps à rechercher des tâches sur le soleil. Parce que, après tout, par rapport à une telle grandeur, qu’importe, par exemple, qu’une patiente de 74 ans soit restée pendant 10 jours à l’hôpital Salvador Allende (Covadonga), entre fin mai et début juin, sans que soit pratiquée une endoscopie car il n’y avait tout simplement pas d’eau ? Il est vrai qu’elle vomissait du sang, mais – sans même organiser un transport par ambulance pour faire cet examen dans un autre établissement médical -  les médecins ont plus d’une fois essayé de la faire sortir sans diagnostic. Vraiment très professionnels et rspectuex de l’éthique, ces médecins ! Finalement, ce ne sont pas des plombiers et résoudre un petit problème d’eau dépasse leurs capacités, non ? La patiente en question a finalement pu être admise, diagnostiquée et subir une intervention chirurgicale  à l’hôpital Hermanos  Aimeijeiras, grâce à la médiation d’un neveu, musicien célèbre dont je m’abstiens de mentionner le nom.

Une autre petite chose que les médias ne rapportent pas est le fait que l’École de médecine dentaire de l’Université de La Havane ne fournit pas de services parce qu’il n’y a pas de gants. Croyez-moi, c’est vrai. Après une période de précarité due à la rareté de cet objet de base, le prestigieux centre a dû arrêter la prise en charge des patients parce que la petite quantité de gants qui restait était réservée aux étudiants qui allaient bientôt passer leur examen d’État. Et ne parlons pas du nombre de fois où manque l’anesthésique ou tout où simplement les cas où il a dépassé sa date de validité. Cela je le sais parce que j’en ai moi-même souffert.

Mais la crise des gants est devenue épidémique. Le mois dernier, mon amie Diana a amené son fils à l’hôpital pédiatrique du centre de La Havane pour qu’on lui enlève un petit kyste sous-cutané en chirurgie ambulatoire. Mon amie a observé comment le médecin, après la brève opération, au lieu de jeter les gants à la poubelle les a soigneusement placés dans le bac d’instruments. Elle a voulu dissiper ce mystère et le médecin lui a expliqué qu’il doit rendre chaque jour les gants utilisés à l’infirmière, qui se chargera de les recycler. Il était nécessaire de le faire parce qu’il y avait une grande pénurie de gants et à la fin des consultations ils étaient comptabilisés comme s’il s’agissait d’instruments de base. Diana se demande comment il est possible de stériliser des gants en latex déjà portés. Je ne connais pas la réponse.

Récemment une de mes amis a subi une césarienne dans la maternité de l’hôpital González Coro (Sagrado Corazón), l’un des plus prestigieux de son genre dans le pays. Peu de temps avant l’opération, l’anesthésiste a demandé à son mari une carte de 10 CUC pour recharger son mobile. Je me demande quel membre de la famille refuserait dans de telles circonstances de satisfaire la demande du spécialiste et qui oserait dénoncer cette extorsion. Et je sais que tous les spécialistes ne sont pas corrompus, mais je n’ai pas entendu parler d’aucun qui n’accepte pas les cadeaux. Nous savons que leurs salaires (comme ceux de tous les employés de l’État cubain) est incapable couvrir les besoins les plus élémentaires, mais alors nous devrions mettre de côté les mots « altruisme » et « éthique » quant il s’agit de parler de nos spécialistes, parce que, après tout, ils sont généralement aussi nécessaires et aussi corrompus que n’importe qui.

Marcia vient de faire une injection dans les veines de la jambe. Les varices lui causaient une douleur intense, sans parler de ces épaisses lignes disgracieuses bleu et rouge sillonnant sa peau. Il est vrai que, avant elle devait se procurer ses injections « dehors » (NdT conseguir por fuera, se procurer de manière illégale quelque chose, marché  noir) parce que  l’hôpital n’en avait pas, mais depuis elle a pu y faire traiter ce problème circulatoire. Maintenant elle doit faire des injections dans l’autre jambe et elle a déjà les produits … Seulement le dispensaire où elles devaient être faites a été fermé. Son médecin traitant ne sait pas s’il rouvrira, ni quand ni où. Donc, Marcia doit entreprendre un pèlerinage aux hôpitaux et dispensaires pour trouver une solution ou tout simplement se résigner à vivre avec ses veines atrophiées en attente de traitement.

La face cachée du faux gratuit nous saute aux yeux tous les jours dans chaque cabinet de consultation. Bien sûr il y a ceux qui se réjouissent comme des bœufs du simple fait que, dans le meilleur des cas, il y ait un diplômé en médecine derrière un bureau, prêt à prescrire un médicament, après avoir téléphoné à la pharmacie la plus proche pour vérifier qu’elle l’avait. Bien qu’habituellement, le cubain ordinaire soit « assisté » par un étudiant étranger, presque toujours éloigné et énigmatique, venant d’Amérique latine. C’est le bonheur des mendiants quand ils n’ont pas d’autre choix. Les histoires de cubains contraints d’aller consulter ou, pire, d’être hospitalisés et subir une intervention chirurgicale dans les hôpitaux de notre brillante marque de service « gratuit » rempliraient un nombre infini de pages. J’ose dire que beaucoup plus de pages qu’occuperaient tous les articles triomphalistes qu’a publiés Granma au cours des dix dernières années.  C’est ce qui explique peut-être la manie qu’ont les blogueurs d’exposer les taches innombrables du soleil révolutionnaire, dont l’éclat artificiel a produit un étrange aveuglement artificiel chez les journalistes officiels. Espérons qu’ils n’auront pas besoin d’une consultation médicale !  Ou, mieux encore, nous espérons que nos consultations se fassent dans les mêmes conditions que les leurs !

Traduction: Denis Wetzel

June 14 2011

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