Feeds:
Articles
Commentaires

Concerts et déceptions

Par : Miriam Celaya | 22 octobre 2012 | Sin EVAsion

La nuit du vendredi 19 octobre a eu lieu un nouveau concert de soutien à la Demande Citoyenne Pour une Autre Cuba, dans ce lieu déjà mythique du Projet Estado de SATS, à La Havane. Cette fois, les jeunes rappeurs du groupe Ruta 11 et Estudiantes sin Semilla, furent chargé de la distraction, ambiance animée et pacifique, comme toujours dans cette espace d’échange.

Les notes de musiques, l’enthousiasme et la sincérité de ces jeunes aficionados et du public, ainsi que l’empathie générale.

 

Seul bémol :

1/ceux qui voulaient venir mais se sont fait arrêter par la police et emmener au commissariat de Playa, de Santiago de Las Vegas (Municipalité de Boyeros) et d’Infanta y Manglar (Municipalité de Cerro) jusqu’au lendemain.

2/ la panique que provoqua la mobilisation de toutes les voitures qui couvraient l’opération policière des rues avoisinantes, lorsque les musiciens et le public chantions à coups de cris le refrain de la dernière chanson du spectacle : « Libertad, libertad, libertad… ! ». Bien sûr, la meute extérieure craignait que nous ne sortions dans les rues en criant ce mot dangereux, ils bloquèrent alors la porte de sortie pour nous piéger à l’intérieur. Aucun mot n’est aussi subversif pour l’esprit esclavagiste que celui là : LIBERTÉ.

Chaque concert, tout comme le groupe croissant de gens qui s’entendent, malgré leurs divers secteurs sociaux, pour approuver la Demande Citoyenne, provoque la déception des forces répressives et évidemment atomise de peur la dictature. Le système est fragile au point qu’il a peur de la valeur intellectuelle cubaine, appelée « l’immense minorité » ? Les vieux monarques sont à ce point faibles qu’ils lancent des pics pour essayer de boycotter l’esprit de liberté qui parcoure nos rues ? En vain, cette Autre Cuba est déjà en route.

Traduit par : Aïda

Différents, non. Complices !

Par : Miriam Celaya | 13 août 2012 | Sin EVAsion

Une nouvelle vague de répressions

Un des traits les plus accentués de la ‘cubanité’ est notre tendance ancestrale à fabriquer des réalités à partir de subjectivités. Ça nous plaît d’imaginer des choses idéales que nous assumons automatiquement comme des réalités palpables. Si l’imaginé coïncide avec le désiré, on peut alors donner pour vrai que la légende débordera au-delà du rationnellement permissive : on aura construit une nouvelle « vérité » basée, uniquement et exclusivement, sur nos attentes puériles.

C’est ainsi que parmi les légendes les plus récentes qui ont été construites dans l’imaginaire de la dissidence, il y a la supposée différence de postures en la Police Nationale Révolutionnaire (PNR) et la police politique vis-à-vis des opposants, des journalistes indépendants et des activistes de la société civile alternative. Quelques points essentiels sur lesquels s’appuie ce présupposé (ce qui suit n’est pas écrit comme des certitudes, ni même nie toutes erreurs, pour autant, je supplie les lecteurs de lire avec une prudence prudente!) sont les suivants :

  1. La PNR est faite pour assurer l’ordre public et éviter les délits communs, alors que la police politique a l’objectif d’éliminer toute opposition politique au gouvernement.
  2. La police politique jouit de primes ce que n’a pas la PNR, comme ils ont un salaire, ils ont des conditions de travail avantageuses, des vacances dans des centres touristiques, un parc automobile varié et abondant, les produits d’hygiènes et des vêtements, chaussures, etc… ce qui s’insèrent dans ce qu’ils appellent la « qualité de vie » de leurs agents .
  3. La police politique est d’ordinaire despotique ou dédaigneuse face aux agents de la PNR, qui sont subordonnés à la police politique, en dépit des lois en vigueurs qui disent l’exact opposé : la police politique doit se soumettre aux agents de la PNR.
  4. Les agents de la PNR sont autant exploités et pauvres que n’importe quel Cubain et ils intègrent la police dans le but de trouver des salaires meilleurs, c’est pour cela qu’ils prennent leurs distances avec les pratiques répressives de la police politique.

Je ne vais m’en tenir qu’à quelques éléments, même s’il en existe bien d’autres. Je dois confier que moi aussi j’ai été tentée face au miroitement d’une affaire PNR-dissidence ; en fin de compte jamais un agent de la PNR ne s’est comporté envers moi de manière irrespectueuse, ni même quand, sur ordre de la police politique, j’ai dû monté dans une voiture de patrouille avec mon ami Eugenio Leal, avec le seul objectif de m’éloigner d’un petit événement qui se déroulait dans un parc public de la capitale. Je me souviens qu’à cette occasion, les agents en uniformes de la PNR semblaient franchement gênés et ce n’est pas vis-à-vis de moi ou d’Eugenio. Je ne sais pas, peut-être qu’ils étaient seulement là pour assurer l’ordre public et peut-être que je me suis imaginé que ça les répugnait de nous punir. Nous voudrions voir un clin d’œil qui puisse nous dire qu’ils nous soutiennent dans l’envie de dépasser le cauchemar. Pourvu que l’essence de l’esprit démocratique puisse nous rendre des extrémistes du romantisme.

Croyez-moi, moi aussi j’aimerais penser que les sbires de la « sécurité » (insécurité?) sont « les méchants » et les bonhommes de la PNR sont « les gentils », mais j’ai de grandes réserves à émettre une pareille idée. En fin de compte, ce sont plus les interrogations qui unissent ces deux corps répressifs entre eux, plus que la sympathie, ou la considération des policiers PNR envers les dissidents. En tout cas, ce sont les asticots des unités de la PNR qui enferment les démocrates cubains, ce sont les vers de terre en uniformes bleus qui ont frappé plus d’une fois un individu qui ne se conforme pas, et ce sont aussi eux qui ont fait partie (directement ou avec complicité) aux agressions, comme les « citations à comparaître », les registres, et les détentions.

Je ne crois pas non plus que ce soit correct de croire à une espèce « d’homologation morale » entre un policier de la PNR et n’importe quel membre de l’opposition ou de la société civile indépendante. Ce sont ceux de la PNR qui ont été obligés de nous menotter et de nous conduite dans leurs voitures de patrouille, les mêmes qui, quotidiennement, extorquent les travailleurs indépendants, les retraités et ces millions de Cubains qui se voient dans l’obligation de frauder pour survivre. La PNR est pourrie par la corruption des fondations jusqu’au toit. Ses agents, entraînés à la violence, à la menace et à l’intimidation , sont ceux qui ferment les rues lorsque se déroulent les meetings de répudiation, ce sont eux qui protègent les agresseurs alors qu’ils laissent les opposants dans une profonde solitude, ils sont en définitive les pièces d’une machine gouvernementale qui sert à faire suffoquer les aspirations de liberté des Cubains.

Ne nous trompons pas : autant la PNR que la police politique sont des pions essentiels de la dictature, je croirai la légende de la PNR « bonne » le jour où les agents vêtus de bleu refuseront d’obéir aux ordres donnés par la police politique, lorsqu’ils refuseront de matraquer l’opposition pacifiste, ou qu’ils s’insurgent massivement contre une institution dont l’unique raison d’être est de réprimer et d’extorquer. Dans le contexte cubain, où la survie dépend du vol, être policier implique nécessairement se mettre le peuple à dos ; pour cela, on ne peut pas être un flic et un gentil à la fois.

Et qu’un vendu ne vienne pas me voir pour me dire qu’il s’agit d ‘un coup bas envers les « guajiritos », il s’agit d’ouvrir le passage dans la capitale ou dans d’autres villes de Cuba, les phrases du style « ils sont tout jeunots » ou « pauvres ignorants sans une conscience claire de ce qu’ils font" et ne venez pas me dire qu’ils « suivent juste les ordres ». Ça ne me convient pas. La majorité des « guajiros » que je connais sont des bosseurs, fières et incapables de s’en prendre à un autre Cubain. Le sentiment de la dignité n’est pas privatisé par n’importe quel groupe étatique et encore moins l’ignorance n’exonère personne de sa responsabilité civique. Peut-être qu’un jour, ceux de la PNR devront répondre de leurs actes. Alors, nous verrons combien de ces « gentils » policiers seront aptes à nous montrer une feuille de service véridiquement vierge de tout délit.

Traduit par : Aïda

Par : Miriam Celaya | 31 août 2012 | Sin EVAsion

Cette semaine dans la presse officielle on a publié un long communiqué de presse du Ministère de Santé Publique (MINSAP) intitulé «propagation d’infection intestinale par pollution des eaux », qui s’étend à la région orientale de Cuba depuis deux mois, avec un total de trois morts et moins de 500 malades, selon des informations officielles. À en juger par les médias, le choléra est passé et s’en est allé de l’île, sans dommages importants. En effet, il semble que (disparu ou pas) ce qui n’a pas pu être une épidémie d’ampleur dévastatrice dans un pays où l’insalubrité s’est généralisée, a été relativement contrôlée.

Toutefois, ce que ne dit pas la note du MINSAP c’est l’aggravation de ce qui était une épidémie récurrente qui continue à gagner du terrain : la dengue. La presse n’en fait pas écho malgré les proportions de l’actuelle épidémie qui touche pratiquement tout le pays. Dans la capitale, on maintient une campagne active, dirigée par les Forces Armées, qui inclut une mobilisation du personnel médical et des auxiliaires qui travaillent les sept jours de la semaine, avec des horaires effrayantes.

De toutes manières, on n’observent pas d’avances au niveau du contrôle et de l’éradication de la dengue. Un élément qui intente à toute la perception du risque de la part de la population est précisément due à un manque d’information sur le sujet.

En même moment, la saison des pluies a été féconde cette année, sans compter les précipitations les plus récentes qui nous ont apporté la tempête tropical Isaac et l’ouragan Sandy (actualisation), ce qui s’ajoute au mauvais état des réseaux hydrauliques (je vous invite à faire des recherches sur les investissements étrangers qui misent sur les réseaux havanais), la prolifération des terrains vagues, l’accumulation de déchets et les centres d’étude et de travail fermés à cause de la période des vacances, sans être contrôlés ou du moins inspectés par les personnels comptants, tout ceci offrant un espace propice à l’augmentation des foyers pour ces mouches qui transmettent la maladie.

Un exemple : rien que dans la zone correspondant à la Polyclinique Van Troi (avenue Carlos III, dans le centre de la Havane), on comptent chaque jour entre 4 et 5 nouveaux cas de dengue. Dans la capitale, il y a 3 hôpitaux de quarantaine pour patients jugés « délicats », cependant ceux qui contractent la dengue de type classique (moins grave), sont renvoyés chez eux par les médecins : un système qui réduit les coûts d’hospitalisation mais augmente considérablement le risque de contagion au sein de la communauté. Pendant ce temps, la dengue semble être un autre secret pour l’État. Les autorités sont plus intéressées à maintenir l’affluence de touristes étrangers que de sauvegarder la santé de la population. Peut-être qu’un jour cette situation se retournera contre lui, mais en attendant, c’est nous qui payons l’addition.

Traduit par : Aïda

Le biocarburant… épilogue de la « révolution énergétique »

Par : Miriam Celaya | 14 septembre 2012 | Sin EVAsion

On dit que la nécessité est la mère de l’invention, maxime qui pourrait expliquer la proverbiale célébrité des « inventeurs » cubains, toujours soumis aux nécessités. Cependant, l’invention est un processus qui, pour être une source de bien être et progrès requiert certaines ressources matérielles et des libertés citoyennes, au-delà de l’imagination, de l’intelligence ou des volontés de faire, le contraire devient une régression.

C’est ainsi que la célèbre inventivité cubaine -au moins durant la dernière moitié de siècle- s’est manifestée fondamentalement dans la philosophie de la misère, où chaque invention est inspirée, non pas par la création de quelque chose de véritablement nouveau et révolutionnaire (et ici le terme se réfère à l’aspect technique), mais plutôt par la réforme ou amoncellement de vieux équipements déjà inventés ou -comme nous disons généralement- par la découverte d’eau tiède, qui consiste à reprendre ce qui fut une nouveauté au XIXe siècle et l’utiliser dans notre indigence actuelle quotidienne. Les exemples sont nombreux, mais récemment le journal Granma (daté du mercredi 12 septembre 2012, page 3) nous a offert une de leurs innombrables pirouettes qui, en plus, dans la presse officielle se présentent comme un paradigme de l’efficience. « Ils obtiennent à Pinar del Río… du biocarburant dans des sacs », c’est le titre d’un long article qui prend la moitié de la page où nous apprenons, au travers d’un ton visiblement optimiste, qu’ils versent le biocarburant dans des sacs en plastique « c’est déjà un succès à Pinar del Río », chose nouvelle, même si ce n’est qu’une expérience « isolée », mais qui « pourrait devenir une innovation de grande utilité ».

Il est connu que le biocarburant est hautement inflammable, de fait que le rédacteur de l’article s’empresse de nous tranquilliser : il s’agit (dit l’inventeur de l’initiative) d’un procédé sécurisé, puisque le biocarburant peut être distribué dans les mêmes sacs en plastique qu’utilise l’Usine de Conserves La Conchita pour la conservation de la pulpe de tomate, lesquels sont « fermés hermétiquement, très résistants et capables de supporter de très hautes températures ». Il ajoute que « avec eux, il n’y a aucune nécessité de comprimer le carburant et ainsi, le procédé est plus simple et plus efficace ». Affirmer la facilité est un automatisme dans lequel chaque dispositif (sac) met environ 30 minutes à se remplir et « transporte le biocarburant suffisant pour qu’une famille de trois personnes puisse cuisiner pendant deux jours ».

Même si l’utilisation du biocarburant n’est pas une découverte récente, et qu’il est utilisé dans de nombreuses expériences non-industrielles dans plusieurs régions de la planète, le papier regorge d’éloges sur ses avantages. Parmi eux, le journaliste nous rappelle qu’il s’agit d’une source d’énergie renouvelable, bénéfique à l’environnement contrairement au pétrole qui, lui, provoque la pollution par CO2 et permet de faire des économies à la famille en diminuant sa consommation d’électricité. L’idée est de substituer la consommation d’énergie fossile et électrique pour la cuisson des aliments, et comme la majorité des foyers cubains utilise l’électricité pour cuisiner, le biocarburant s’adresse à la majorité des Cubains, grâce à la fameuse Révolution Énergétique (vous vous souvenez?!) promise depuis quelques années par l’Innombrable… (vous vous souvenez encore de lui??!!)

Mais, fondamentalement, l’article fait la pub de l’innovation du récipient du biocarburant, les sacs plastiques, un procédé qu’il décrit aussi simplement qu’il permet d’étendre son exploitation en prescrivant des installations de conduction du biocarburant du site de collecte jusqu’aux cuisines des maisons, et en même temps, ce système évite les complications sanitaires potentielles.

Comme illustration, l’article nous offre un petit tableau qui montre les avancées indiscutables de l’invention générées grâce à la créativité d’un inventeur cubain pour résoudre un problème local et que la presse officielle présente comme un palliatif à la crise énergétique que subissent des centaines de milliers de foyers cubains. Le tableau dit textuellement ceci : On estime qu’un mètre cube de biocarburant jeté dans l’atmosphère sans combustion équivaut à une tonne de CO2.

En échange, son existence permettra de cuisiner trois repas pour cinq personnes ou générer une énergie équivalente à 0,5 litres de diesel, 0,6 de kérosènes ou 1,6 KW/h d’électricité. Pour cela, selon la bibliographie consultée, il suffit de récolter une journée d’excréments de trois vaches, quatre chevaux, neuf cochons, dix dindes ou 130 poules.

J’ai ici, mesdames, messieurs, le quid de l’éducation… Ou mieux encore, l’essence de l’innovation cubaine. Il s’avère que l’invention est véritablement économique, elle ne requiert que la volonté du consommateur de biocarburant, qu’il trouve le moyen de se procurer un de ces sacs plastique d’une usine de conserves la plus proche de chez lui, ce qui n’est peut-être pas très difficile s’il y travaille, si l’administrateur de l’usine est un de ses amis -auquel cas il pourrait disposer des ressources de l’État- ou s’il accepte de les lui vendre à un prix raisonnable (concept étrange pour Cuba). Le petit inconvénient est de faire la chose avec les trois vaches, les quatre chevaux, les neuf cochons, les dix dindes ou les 130 poules, dont les recettes digestives garantiraient la survie d’une famille pour trois repas, en ne dépassant pas les cinq personnes.

En d’autres mots, le caca serait la voie la plus rapide pour mettre la table. L’autre serait de prier pour qu’aucun invité surprise n’apparaissent, ce qui altérerait la scrupuleuse planification du sac de biocarburant de la famille. Même si, en y pensant bien, il y aurait toujours l’option de faire une rapide collecte de matière première avec l’aide de volontaires au sein de la famille et du voisinage, faisant ainsi honneur à la réputation généreuse des Cubains. Il me reste cependant une préoccupation : un autre innovateur (de génie?!) pourrait découvrir la manière de faire de cette ressource un produit encore plus productif et efficace à partir de l’utilisation de quelque diurétique… Sauve qui peut !

Traduit par : Aïda

 

Par : Miriam Celaya | 1 octobre 2012 | Sin EVAsion

Cette image illustre comment le journal officiel Jeunesse Rebelle voyait une « fête » cederista.

Telle qu’a été la tendance de ces dernières années, les « fêtes » cederistas des nuits du 27 septembre sont venues grossir la liste des éphémérides révolutionnaires en voie d’extinction. Juste par coïncidence, pour des questions personnelles, je parcourais la ville jeudi dernier et j’ai pu évaluer comment la plus grande apathie a conquit les quartiers de la capitale, se substituant avec un silence scandaleux aux anciennes célébrations pendant lesquelles les voisins cederistas partageaient dans la rue la bouillie élaborée avec les ressources disponibles (quelque fois une tête de porc ou une autre partie de l’animal), des viandes récoltées chez les voisins, et les remerciements enthousiastes aux révolutionnaires du quartier, devant une tarte et le sempiternelle et fétide mélange de rhums. Rien de plus éloquent aujourd’hui que cette capitale, obscure et muette, à la veille de la célébration révolutionnaire la plus populaire, celle qui il y a encore peu de temps, félicitait la fondation d’une organisation conçue par le pouvoir pour que les Cubains se dénoncent mutuellement, pour agrémenter cet État policier de surveillance au service d’une dictature qui, comme toute autocratie, dénigre ses partisans. Plus personne ne s’extasie dans les quartiers et les banderoles multicolores se font rares et à peine quelques fidèles persistent en affichant le drapeau cubain sur leurs balcons, parce que durant des décennies on a essayé de faire croire que cubain et cederista c’étaient la même chose, et on n’avait pas encore compris que c’est justement l’inverse.

Les rares feux de bois que j’ai vu était le spectre pathétique des jours d’antan, le seul prétexte pour que les ivrognes du quartier, ceux dont personne ne veut, s’enivrent gratuitement en plein milieu de la rue et remplissent l’estomac vide avec un peu de bouillon chaud.

Si on fait un bref calcul des signes, on peut remarquer que toutes les manifestations massives qui donnaient une valeur scénique à la révolution des Castro ont disparues; les défilés « combattants », les travaux bénévoles, les patrouilles nocturnes des cederistas, les dons de sang marathoniens, les récoltes de matière première, et plus récemment, ces fêtes. La décadence s’étend jusqu’à la sympathie populaire pour la dictature, elle n’est plus spontanée, elle n’est plus gratuite. Je ne sais pas où étaient les révolutionnaires havanais ce 27 septembre, mais certainement, ils comprennent qu’ils n’ont plus grand chose à célébrer.

Traduit par : Aïda

Les dessous d’une médiation

7 septembre 2012


Dernièrement, la presse officielle a rendu publique la présence du gouvernement de l’île dans la médiation du processus de dialogue entre la narco-guérilla colombienne, connue comme les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) et le gouvernement de ce pays dirigé par Santos. Il serait grandement désirable qu’un processus de dialogue rétablisse la paix en Colombie après des décennies de guérillas, de violence et de narcotrafic organisé d’une armée combattante qui transita du marxisme vers le contrôle d’un cartel de cocaïne. Je suppose qu’un jour il faudra écrire un nouveau chapitre sur les curieuses mutations du marxisme dans la post-modernité.

De toute façon, il n’est pas courant que le gouvernement cubain, incapable de dialoguer avec la société civile cubaine, ait passé tout une année à faire des réunions secrètes en tant qu’intermédiaire des FARC, une force armée qu’elle a armée, entraînée et appuyée tout au long de ces années depuis l’époque dans laquelle Fidel Castro se sentait garant de la liberté latino-américaine et prétendait exporter sa révolution communiste à toute la région. Le taux de responsabilité du gouvernement cubain dans les années de violence en Colombie le déclare détenteur de la paix de cette nation. Ce qui est le plus sûr c’est que cette médiation n’est pas spontanée, sécurisée, ce n’est pas la garantie qui fera que Cuba ne sera plus le sponsor officiel de la guérilla, mais il est aussi sûr que la coupole cubaine ait réorienté ses intérêts dans ce sujet… comme dans tous. Sans doutes, il existe un agenda officiel secret.

C’est certain que l’affaiblissement des FARC, grâce aux actions initiées et fomentées pendant la gouvernance d’Alvaro Uribe avec l’appui du gouvernement des États-Unis, a forcé l’organisation a engager des conversations avec le gouvernement de Juan Manuel Santos, même s’ils ont maintenu les actions coups de poing contre la narco-guérrilla et qu’on continue encore à leur assener des coups, derrière le discours clair du Président qui affirme "qu’il n’y aura aucun cessez-le-feu et nous n’obtiendrons rien tant qu’il n’y aura pas d’accord final. Que ce soit bien clair"… Ainsi, bien que les médias cubains présentent une vidéo où le commandant émissaire des FARC attaque en disant "nous disions que nous allons gagner et nous gagnerons", la réalité est qu’ils sont en train d’être battus par l’armée colombienne régulière et la police de cette nation. Devant de tels faits, l’ultime bastion de l’expansion guerrière castriste de cet hémisphère disparaîtra probablement à court ou moyen terme et avec lui, les hallucinations messianiques de Fidel Castro seront données pour mortes.

En peu de temps auront disparus les derniers restes de la révolution communiste continentale qui faisait rêver et la Colombie aura surmonté les dégâts d’une telle violence. Ce ne sera pas le cas à Cuba, où les Cubains qui aspirent à des changements démocratiques ne comptent pas sur la volonté politique pour négocier et s’accorder sur la sortie de la crise nationale. Par ailleurs, il est clair que la coupole vert-olive n’est pas intéressée à discuter avec des pacifistes, mais plutôt avec des narcotraficants. Typique de chez moi.

Traduit par : Aïda

6 août 2012

Logo crée par Garrincha pour la campagne

Il y a quelques semaines a émergé le document “Pétition citoyenne pour une autre Cuba”, signé par des centaines de Cubains de l’île et de la diaspora, qui exigent au gouvernement la mise en pratique immédiate des garanties légales et politiques stipulées dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, à travers la ratification de la signature des Pactes des Droits Politiques et Civiques et des Droits Économiques, Sociaux et Culturels, qui furent signés par les autorités cubaines le 28 février 2008 à New York, et qui pour le moment restent de la poudre aux yeux pour tous les Cubains.

Cette pétition fut déposée au siège de l’Assemblée Nationale en tant que preuve de l’attachement aux droits que nous octroie la Constitution de Cuba, ainsi que la volonté définitive de lutter pour les changements qui permettent une transition démocratique sur l’île.

Conjointement à la Pétition Citoyenne, une campagne d’ampleur nationale a vu le jour pour récolter la signature des citoyens cubains qui considèrent qu’il est en leur pouvoir de se joindre à une telle action civique. Il s’agit d’une action légale reconnue par la Constitution, par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme -dont Cuba fut un des pays témoins de la création et signataire- et des Pactes référents.

Il est urgent que les Cubains comprennent que les changements que nous voulons ne pourront être atteindre uniquement par nos propres moyens. Nous savons que le gouvernement n’est pas prêt de répondre à nos réclamations. Nous savons que les forces répressives vont s’activer encore plus contre les activistes civiques qui mènent cette campagne; mais -au-delà du nombre de signataires et de la réaction officielle- il s’agit, surtout, d’une action morale urgente. Ceci est une action qui réclame la présence de tous les Cubains, affranchis de leurs idéologies, de leurs sympathies politiques et de leurs croyances religieuses.
Il s’agit de sauver le civisme et notre honneur. Dans les mois qui viennent, la campagne “Pour une autre Cuba” développera d’autres initiatives de caractère culturel et civique : concerts, performances… Nous espérons que tous les Cubains qui ont une conscience démocrate nous appuient et nous aident à divulguer tant les activités de la campagne que la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, et en particulier les Pactes référents. Il faut précisément que chaque Cubain connaisse ses droits et les utilise.

Qui sait, peut-être que nous sommes aux prémisses d’un plébiscite en faveur de la liberté et de la démocratie à Cuba!

Traduit par : Aïda

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.